La voiture, grande gagnante du déconfinement en Ile-de-France

Selon une étude que nous vous révélons, les Franciliens se sont largement reportés sur la voiture pour aller au travail depuis le déconfinement. De quoi craindre des embouteillages monstres à la rentrée.

Après 1h15 pour parcourir 25 km entre périphérique sud et autoroutes franciliennes jusque chez lui, Sébastien le reconnaît : « J’irais plus vite en transports en commun. Mais il y a un côté oppressant à voir tout le monde avec un masque. Et puis, il y a encore le Covid », argumente ce quadragénaire père de famille, avant d’ajouter : « Je suis plus tranquille, plus confortable dans la voiture, avec mes playlists ».

Comme Sébastien, les Franciliens sont très nombreux à avoir renoué avec leur voiture depuis le déconfinement alors même que Paris ou la Métropole avaient commencé à endiguer le phénomène. C’est ce que nous apprend la très riche enquête du cabinet de conseil Inov 360, qui sort ce jeudi.

Ce dernier a réuni un collectif* pour étudier les évolutions de comportement des Franciliens en matière de déplacements domicile-travail avant, pendant et après le confinement. « Tout le monde va devoir s’adapter aux contraintes sanitaires, explique Vincent Pilloy, directeur général du cabinet. Y compris les acteurs, les transporteurs. Mais pour faire des plans, il faut d’abord comprendre. C’est l’objectif de cette étude en trois temps ».

Les Franciliens se déplacent moins qu’avant

Pour ce premier volet, plus de 12 000 personnes ont répondu entre le 8 et le 17 juin. Soit un mois après le déconfinement. « Nous sommes encore dans une période de réaction au virus », analyse Vincent Pilloy, le directeur général.

Conséquence : « Les déplacements en Ile-de-France sont toujours très inférieurs à la période d’avant-confinement. Nous sommes très loin des 43 millions de déplacements quotidiens qui faisaient de la région parisienne le premier hub de mobilités européen », poursuit Vincent Pilloy.

Près de 77% des personnes interrogées n’ont pas repris leurs trajets domicile – travail habituels. 41% ne sont toujours pas retournés au bureau et 36% ne l’ont fait que partiellement. Ils invoquent pour la grande majorité (88%) l’efficacité du travail à distance : « On n’est pas interrompu toutes les cinq minutes par des collègues, témoigne Julie. Surtout lorsque nous sommes dans des open-spaces ». « On peut avancer vraiment sur des sujets de fond ou qui demandent de la concentration », confirme Cindy, qui ne retourne à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) qu’une fois par semaine.

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